Obock, 8 mai 2026 — L’Association des Nomades Soublali Assasan (ANSA) a organisé une déclaration publique d’abandon des mutilations génitales féminines (MGF), notamment l’excision, dans les secteurs d’Assasan, Soublali, Awli, Mouria et Terro. Cette initiative marque une étape importante dans la protection des filles, la promotion de leur dignité et le renforcement de l’engagement communautaire en faveur de l’abandon total de cette pratique.






Un engagement collectif porté par les communautés
Cette déclaration publique est le résultat d’un long travail de sensibilisation mené auprès des communautés locales. L’objectif était d’encourager un changement durable des comportements, tout en respectant les réalités sociales, culturelles et religieuses des secteurs concernés.
Le processus a mobilisé plusieurs acteurs essentiels : chefs de villages, leaders religieux, parents, femmes, jeunes et anciennes exciseuses. Leur participation a permis de construire un consensus local autour d’un engagement clair : protéger l’intégrité physique des filles et mettre fin aux MGF.
Trois étapes clés : préparation, dialogue et consensus
L’action menée par l’ANSA s’est déroulée en trois phases principales :
Préparation : plaidoyer auprès des leaders d’opinion des cinq secteurs.
Dialogue : causeries éducatives et débats communautaires avec les femmes et les jeunes.
Consensus : signature d’accords locaux en faveur de l’abandon des MGF.






Les échanges ont permis d’informer les communautés sur les conséquences sanitaires des MGF, notamment les hémorragies, les infections et les complications lors du mariage ou de l’accouchement. Le cadre juridique interdisant cette pratique a également été expliqué aux participants.
Une cérémonie forte en symboles
La cérémonie de déclaration publique a réuni les représentants des cinq secteurs concernés. Plusieurs moments forts ont marqué l’événement, notamment les témoignages d’anciennes exciseuses ayant officiellement cessé cette activité.
Les leaders religieux ont également rappelé que les MGF ne constituent pas une obligation religieuse. Cette prise de position a renforcé le message de protection, de dignité et de responsabilité collective.
La lecture publique du manifeste d’abandon, suivie de la signature symbolique par les chefs de villages, a confirmé l’engagement des communautés en faveur de l’abandon définitif des MGF.
Des résultats concrets pour la protection des filles.






À l’issue de cette action, cinq secteurs se sont officiellement engagés dans le processus de protection de l’intégrité physique des filles. Les données recueillies indiquent que 158 filles ont été recensées, dont 71 filles identifiées comme étant à risque. Ces 71 filles sont désormais intégrées dans le dispositif communautaire de prévention et de suivi.
Deux anciennes exciseuses ont également déclaré avoir officiellement cessé leur activité. Des comités de veille villageois ont été mis en place afin d’assurer le suivi local, prévenir les cas clandestins et maintenir la mobilisation dans les communautés.
Poursuivre le suivi et renforcer la prévention
L’ANSA poursuivra son action à travers un suivi régulier dans les cinq secteurs. Des visites trimestrielles seront nécessaires pour accompagner les comités de veille, maintenir le dialogue communautaire et prévenir tout retour à la pratique.
L’association recommande également de soutenir la reconversion économique des anciennes exciseuses et de renforcer la scolarisation des filles, levier essentiel pour un changement durable.
Une avancée majeure pour les communautés d’Obock
La déclaration publique d’Assasan, Soublali, Awli, Mouria et Terro constitue une avancée majeure pour les communautés concernées. Elle traduit une volonté collective de remplacer une pratique ancienne par une vision fondée sur la dignité, la santé, la protection et l’avenir des filles.
À travers cette action, l’ANSA réaffirme son engagement en faveur du développement social, de la protection des enfants et de l’amélioration des conditions de vie des communautés nomades et rurales de la région d’Obock.
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